4e, H7 Conquêtes et sociétés coloniales
Conquêtes et sociétés coloniales
A partir d'une étude de documents sur Madagascar, pourquoi et comment les Européens colonisent-ils l'île et (re)commencent-ils à coloniser certaines parties du monde à partir des années 1880 ?
À partir du XVIe siècle, les Européens construisent des empires coloniaux fondés sur la conquête et la domination de territoires : c'est la première phase de colonisation ou le premier empire colonial. Les premiers empires (de l'Espagne, du Portugal) exploitent surtout les richesses (or, épices) grâce au commerce et au travail forcé.
Au XIXe siècle, un second empire colonial se met en place en Afrique et en Asie, surtout entre 1870 et 1914. Cette période, appelée impérialisme, correspond à une accélération des conquêtes. Les puissances européennes (notamment la France et le Royaume-Uni) se lancent dans une « course aux colonies ». Elles cherchent des matières premières, des débouchés pour leurs industries et affirment leur puissance. Elles justifient cette expansion par la « mission civilisatrice ».
La conquête de Madagascar (1883-1896) s'inscrit dans ce contexte. Pourtant, ce territoire n'est pas vide : c'est un royaume organisé et en cours de modernisation. La France impose d'abord un protectorat (1885), puis conquiert militairement l'île en 1895 avant de l'annexer en 1896. La domination coloniale est mise en place par Joseph Gallieni : suppression de la monarchie, administration française, exploitation économique. Cette domination provoque des résistances violemment réprimées.
La comparaison avec Algérie montre que la colonisation prend des formes différentes. En Algérie, conquise dès 1830, la colonisation est une colonie de peuplement avec installation massive d'Européens et confiscation des terres. À Madagascar, il s'agit plutôt d'une colonie d'exploitation, avec peu de colons mais une mise en valeur économique du territoire. Dans les deux cas, la domination repose sur la violence, l'inégalité des droits (cf. le Code de l'Indigénat) et la résistance des populations locales.
La colonisation transforme profondément les sociétés colonisées : économies orientées vers les besoins de la métropole, diffusion de la langue et de la culture européennes, mais aussi destruction de certaines structures traditionnelles. Elle laisse un héritage durable (inégalités, frontières, dépendance économique).
En définitive, malgré des formes variées, les empires coloniaux reposent toujours sur une logique de domination et d'exploitation.
colonisation : la colonisation consiste à occuper un territoire et à le mettre en dépendance sur les plans économique, politique et culturel.
impérialisme : politique menée par les grandes puissances, surtout à la fin du XIXe siècle, qui consiste à étendre leur domination sur d'autres territoires pour des raisons économiques, politiques et idéologiques.
« mission civilisatrice » : l'idée selon laquelle les Européens pensent avoir le devoir d'apporter leur culture, leur langue et leurs progrès aux peuples colonisés.
protectorat : territoire qui garde un gouvernement local, mais qui est contrôlé par une puissance étrangère.
annexer : intégrer un territoire à son propre pays après l'avoir conquis.
colonie de peuplement : colonie où de nombreux Européens viennent s'installer durablement.
colonie d'exploitation : colonie utilisée pour exploiter les richesses au profit de la métropole.
Code de l'Indigénat : ensemble de lois qui impose aux populations colonisées un statut inférieur à celui des Européens. Il permet des punitions sans jugement, des obligations (travail, impôts) et une forte inégalité des droits.

